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Cette maladie complexe, mystérieuse et controversée,
pose davantage de question qu'elle n'en résout. Le
syndrome de fatigue chronique (SFC) n'est certainement
pas une nouvelle maladie : certains éléments indiquent
que le SFC existait déjà voici des siècles d'ici. En
règle générale, cette affection est encore trop mal
connue, elle n'est pas assez vite diagnostiquée, et
n'est pas suffisamment reconnue. Cette maladie est reconnue comme maladie dans notre pays par l’INAMI que depuis le 1er avril 2003. Toutefois, les
patients souffrant de SFC méritent autant de soutien
et d'implication scientifique que les individus
souffrant d'autres maladies.
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1. L'appellation
Dans nos contrées, l'appellation “syndrome de fatigue
chronique” est une expression consacrée. En fait, il
s'agit du terme le plus neutre, ce qui en fait
momentanément – et aussi longtemps qu'il n'existe pas
de certitudes concernant la maladie – le terme le plus
adéquat.
Dans la littérature anglaise, on trouve le terme
chronic fatigue syndrome (CFS).
D'autres termes sont également utilisés, mais leur
usage est moins courant.
Un terme plus ancien, aujourd'hui tombé en désuétude,
est l'encéphalomyélite myalgique (EM). Cette
appellation suggère qu'il s'agit d'une inflammation du
cerveau et de la moelle épinière, avec, comme symptôme
principal, une douleur musculaire.
L'appellation syndrome de fatigue postvirale (SFPV ou,
dans la littérature anglophone PVFS) fait penser au
fait que le syndrome ait été provoqué par l'une ou
l'autre infection virale.
Le terme syndrome de fatigue chronique et
d'immuno-déficience (SFCID ou CFIDS dans la
littérature anglaise) s'inspire de la supposition
qu'il s'agit d'une combinaison de fatigue chronique et
d'une perturbation du mécanisme de défense.
2. De quoi s'agit-il ?
Bien que peu de choses soient actuellement connues -au
sujet de la formation de la maladie, il existe une
définition exploitable.
Avant tout, pour que l'on puisse parler de SFC, le
patient doit impérativement satisfaire aux deux
conditions suivantes :
· Présence d'une fatigue continue ou
intermittente
qui dure depuis 6 mois au moins,
survenue subitement,
parfois fluctuante,
qui ne s'améliore pas après une période de repos
qui diminue l'activité physique quotidienne de 50% par
rapport au passé.
· Il n'y a pas de maladies organiques ou
psychiatriques décelables pouvant occasionner des
plaintes semblables.
En outre, il faut également satisfaire à un certain
nombre de critères secondaires :
· Fièvre (ig sensation)
· Mal de gorge
· Avoir les glandes enflées
· Douleur ou faiblesse au niveau des muscles,
lent rétablissement après l'effort
· Mal de tête
· Articulations douloureuses
· Troubles dans le fonctionnement du cerveau
(concentration, mémoire, formation des mots, …)
· Troubles du sommeil
· Intolérance prononcée à l'alcool
· Le commencement est soudain ou latent (les plaintes ne sont pas présente dès l'enfance)
Le syndrome de fatigue chronique est donc bien
différent de la fatigue chronique. La fatigue
chronique est, en effet, une plainte fréquemment
rencontrée. C'est quasiment la raison la plus courante
de consultation médicale. Environ 10% de la population
adulte souffrirait de fatigue chronique. La fatigue
est un symptôme atypique qui peut accompagner de
nombreux problèmes corporels et psychologiques.
| Pour
ne citer que quelques exemples : une déficience en fer
peut entraîner une fatigue prononcée, de même qu'un
dysfonctionnement thyroïdien, ou encore en cas de
dépression, où la fatigue est un symptôme également
fréquent. Et il existe ainsi des dizaines d'autres
causes possibles à une fatigue extrême : diabète oculte, cancer, dysfonctionnement des valvules
cardiaques, maladie d'Alzheimer, tuberculose, sida,
d'autres infections, etc. |
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Bien que le SFC soit encore relativement vague, on
parvient quand même, grâce à cette définition
gehanteerde, à délimiter un groupe particulier de
patients. Les personnes qui remplissent ces critères
principaux, mais ne sont pas concernés par
suffisamment de critères secondaires, ne sont pas
considérées comme souffrant de SFC. On appelle leur
maladie "fatigue chronique idiopathique".
3. Chez qui survient le SFC ?
L'affection se manifeste le plus souvent auprès des
personnes de 20 à 50 ans, l'âge "actif". En général,
il s'agit de personnes qui mènent une vie chargée et
stressante et qui exagèrent régulierement
Le SFC touche les individus de toutes les classes
socio-économiques, un peu plus les femmes que les
hommes, et légèrement davantage auprès du personnel
enseignant, les professions médicales et
paramédicales.
4. Diagnostic
Etant donné que nous ne disposons pas encore de tests
spécifiques, le diagnostic doit essentiellement être
basé sur un questionnaire approfondi. La définition
pourra servir de guide.
En règle générale, l'examen clinique ne débouche pas
sur un résultat spécifique. Chez certains patients, on
constate une rougeur au niveau de la gorge, un
gonflement des glandes dans le cou et/ou sous les
aisselles. La tension artérielle est souvent basse.
L'examen neurologique génère parfois des résultats
erronés. Le test Romberg est souvent positif : ce qui
signifie que le patient risque de perdre l'équilibre
lorsqu'il doit se tenir droit, les pieds joints, tout
en ayant les yeux fermés.
Une faiblesse musculaire est présente après un effort
considérable, mais ne peut être constaté à l'état de
repos. Il survient également fréquemment des
contractions musculaires involontaires.
Le but n'est jamais d'effectuer des recherches à
outrance, mais l'on peut en tous les cas, en son âme
et conscience, considérer séparément afin d'évaluer si
des maladies seraient décelées dans le cadre de
recherches élargies réalisées par un infectiologue, un
endocrinologue, une analyse sanguine approfondie, une
ponction de moelle épinière, un test cycliste, une
radiographie du thorax, des recherches particulières
sur le cerveau (SPECTscan, analyse du schéma du
sommeil, …)
5. Causes
Il existe différentes hypothèses concernant les causes
du SFC. Aucune n'a toutefois pu être prouvée de façon
scientifique.
Une piste envisageable est celle d'un virus non encore
identifié. Cela activerait de façon continue le
système immunitaire, lequel libérerait dans le sang
une certaine substance qui provoquerait la sensation
d'épuisement.
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Certains ne croient pas dans cette théorie de “nouveau
virus”, mais voient la cause dans une maladie devenue
chronique après une infection par un virus "connu"
(virus de l'hépatite B ou C-, virus Epstein-Barr
(agent de la mononucléose ou maladie de Pfeiffer ou
kissing disease), HIV (virus du sida)…). |
D'autres chercheurs recherchent du côté du système
hormonal.
D'autres encore du côté des origines psychologiques ou
psychiatriques.
La théorie la plus valable est celle du complexe des
facteurs interagissant : résistance diminuée,
infection virale, surmenage physique, réaction
outrancière du système immunitaire, affaiblissement,
structure de la personnalité, style de vie, …
6. Que peut-on faire pour les patients atteints de SFC
?
Etant donné que les personnes souffrant de SFC ont
souvent derrière eux une longue recherche, il est
important que le patient et son entourage soient
informés honnêtement au moment du diagnostic au sujet
de la maladie, des possibilités et de l'évolution. Un
accompagnement psychologique sera certainement
nécessaire, car, en plus des désagréments corporels,
les malades subissent aussi une pression psychologique
: incertitude concernant l'avenir, incompréhension de
la famille et de l'entourage, deuil dû à la perte
d'autonomie, sentiment de culpabilité dû au fait de
devoir abandonner les personnalités familiales et
professionnelles, …
L'approche sera, dans la majeure partie des cas,
multidisciplinaire : médecin généraliste, spécialiste
en médecine interne, neuropsychiatre,
physicotérapeute, médecins dans les branches
paramédicales, psychothérapeute, … Puisqu'il n'y a pas
d'unanimité concernant le traitement du SFC, le point
de vue diffère d'un centre à l'autre.
Pour les personnes qui ont des troubles du sommeil
pouvant être objectivés, les traitements avec
somnifères, anti-épileptiques of antidépresseurs sont
justifiés.
Etant donné que le système immunitaire semble bien
jouer un rôle dans le processus de la maladie, on
expérimente aussi les médications qui agissent sur le
système de défense.
Le rôle des antioxydants, des vitamines et minéraux
est également controversé en cas de SFC. Certains
souscrivent à l'expression : “qui ne risque rien n'a
rien !" Cependant, des overdoses peuvent survenir,
surtout lorsque des suppléments sont ingérés sans
l'accompagnement d'un médecin.
Dans la littérature, l'on retrouve de plus en plus
d'éléments indiquant que les acides gras essentiels
(acide linoléique et alfalinoleenzuur) joue un rôle
dans le mécanisme de défense du corps contre les
infections virales.
Les antagonistes du Calcium sont prescrits pour les
patients qui souffrent de douleurs musculaires (75%
des patients SFC).
Une thérapie comportementale cognitive apprend au
patient à mieux vivre avec sa maladie, dans
l'intention d'enrayer la spirale descendante. On leur
donne des pistes d'aide pour avoir conscience de leur
maladie, pour l'accepter, rechercher un rythme de vie
adapté, et équilibrer ses activités.
En règle générale, il s'agira de trouver un équilibre
entre l'effort et le repos. Au début, il est conseillé
de se reposer beaucoup. Par la suite, on commence un
programme de revalidation grâce auquel le patient
apprend à chercher ses limites et à les respecter,
tout en élevant doucement les efforts.
7. Où peuvent s'adresser les malades du SFC ?
Associations de patients
Belgique
A.B.M.M. - Association Belge contre les Maladies
Neuro-Musculaires
Rue du Blanc Bois, 2
1360 Perwez
Tél: 081/65.58.85
E-mail : abmm@village.uunet.be
Association E.M. (Encéphalomyélite Myalgique)
Dorp, 73
3221 Nieuwrode
Tél: 016/57.09.83
E-mail : me.vereniging@belgacom.net