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Les résultats prometteurs en faveur de l’anastrozole dans le traitement du cancer du sein
15.12.02
Les résultats prometteurs en faveur de l’anastrozole dans le traitement du cancer du sein à un stade précoce chez les femmes post-ménopausées viennent d'être confirmés aujourd’hui à l'occasion de la première présentation d'actualisation de la spectaculaire étude ATAC (Arimidex, Tamoxifène Alone or in Combination).

ATAC est en effet la plus importante étude jamais réalisée dans le cancer du sein; elle impliquait plus de 9,300 patientes. La première analyse de cette étude, présentée lors de l’édition précédente de ce congrès en 20011 et portant sur un suivi moyen de 33 mois, étude publiée par ailleurs récemment dans The Lancet2 avait déjà mis en évidence une supériorité de l’anastrozole (Arimidex®) par rapport au tamoxifène en terme d'efficacité: survie sans symptômes de la maladie (DFS-disease free survival), délai d'apparition d'une récidive (TTR-time to a recurrence) et incidence de cancer controlatéraux. De plus de nombreux bénéfices ont également été identifiés en termes de tolérance. Les résultats présentés à San Antonio sont, à ce jour, la première et la seule actualisation des résultats d’efficacité effectuée depuis la publication dans The Lancet.

Sa signification est importante, car le suivi moyen de ces patientes s’étend maintenant sur près de 4 ans, et l'anastrozole continue à montrer un bénéfice statistiquement significatif pour tous les paramètres d’efficacité étudiés dans la population des patientes présentant une tumeur avec présence de récepteurs hormonaux positifs, un groupe qui représente plus de deux tiers de la population des patientes post-ménopausées ayant un cancer du sein. De plus, l'actualisation des données de sécurité, présentée lors de la même session (et avec un recul supplémentaire de 7 mois par rapport à l’analyse originale) confirme le profil favorable de l’anastrozole sur le tamoxifène. Aucun fait nouveau marquant en ce qui concerne la sécurité n’est apparu.

Commentant ces très importants résultats, le Professeur P.Neven (KUL Leuven) déclarait « Cette actualisation des résultats est extrêmement excitante et confirme que notre optimisme initial, exprimé après la première analyse, était justifié. L'anastrozole représente un nouvel espoir pour les femmes post-ménopausées ayant un cancer du sein à un stade précoce ». L'anastrozole, seule et unique médication ayant démontré des bénéfices significatifs d’efficacité et de tolérance sur le tamoxifène chez les femmes post-ménopausées ayant un cancer du sein à un stade précoce, est à présent la seconde hormonothérapie (après le tamoxifène) à être approuvée dans cette indication en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg. L’approbation de l’anastrozole dans cette indication a également déjà été accordée dans des pays importants comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon. Avec plus de 650,000 patientes années d’expérience, l’anastrozole est l’inhibiteur de l’aromatase le plus utilisé dans le monde.

…actualisation des données d’efficacité
L’analyse d’efficacité porte maintenant sur un suivi de 47 mois. Elle confirme ainsi le maintien du bénéfice mis en évidence en première analyse, à savoir que l’anastrozole prolonge significativement la survie sans symptômes de la maladie (DFS-disease free survival) par rapport au tamoxifène. L’actualisation de l’analyse montre en effet une réduction de 14% du risque de récidive chez les patientes traitées par anastrozole (HR=0.86 [CI: 0.76-0.99], p=0.030)*. Chez les patientes avec tumeur hormono-sensible, soit 84% des patientes de l’étude ATAC, cette réduction du risque monte à 18% (HR=0.82 [CI: 0.70-0.96], p=0.014)!.

Il est important de remarquer que la différence absolue entre les deux thérapeutiques continue de croître comme le montre l'augmentation de la divergence des courbes Kaplan-Meier de survie; la survie sans symptômes de la maladie étant respectivement de 86.9% et 84.5% pour l'anastrozole et le tamoxifène après 4 ans. Ce qui signifie que la différence absolue en survie (DFS) est passée de 2.0% après 3 ans à 2.4% après 4 années. Chez les patientes avec tumeur hormono-sensible, cette différence absolue est encore plus élevée et atteint 2.9% (89.0% versus 86.1%). Au moment de l’actualisation de cette analyse, 46% des patientes avaient observé plus de 4 années de traitement.

Cette actualisation des résultats d’efficacité de l’étude ATAC, qui confirment, faut-il le rappeler, les spectaculaires résultats initiaux observés avec l’anastrozole dans l’analyse principale présentée lors du San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS) de l’année passée, sera certainement considérée comme un pas en avant pour les cliniciens qui attendaient des résultats bénéficiant d'un plus grand recul. Les courbes statistiques de Kaplan-Meier sont dès à présent considérées comme significatives et fiables jusqu’à 54 mois, une durée proche de celle des 5 années planifiée dans l’étude et généralement en usage pour le traitement adjuvant.

…actualisation des données de tolérance
D’importants bénéfices en termes de tolérance de l’anastrozole sur le tamoxifène ont été observés lors de la présentation de l’analyse principale. Un recul supplémentaire de 7 mois confirme que ces différences sont maintenues. Parmi ces bénéfices de l’anastrozole on retrouve la réduction du risque de cancer de l’endomètre (0.1% anastrozole versus 0.7% tamoxifène), des saignements vaginaux (4.8% versus 8.7%) et des pertes vaginales (3.0% versus 12.2%), des événements cérébrovasculaires (1.1% versus 2.3%), des événements thromboemboliques (2.2% versus 3.8%), et des bouffées de chaleur (35.0% versus 40.3%).

Comme lors de l’analyse principale, le groupe tamoxifène a montré un bénéfice de tolérance en termes de troubles d'ordre musculosquelettique (30.3% anastrozole versus 23.7% tamoxifène) et de fractures (7.1% anastrozole versus 4.4% tamoxifène). Il est rassurant de constater, avec un recul supplémentaire de 7 mois, que le risque plus élevé de fractures observé dans le goupe anastrozole lors de la première analyse ne semble pas augmenter avec le temps.

Dans l’ensemble les bénéfices de tolérance de l’anastrozole sur le tamoxifène sont particulièrement rassurants. Ceci est capital puisqu’en traitement adjuvant, les femmes sont amenées à suivre leur traitement durant de longues périodes. Associée à l’actualisation des résultats d’efficacité, ces données confirment la supériorité pour l’anastrozole du ratio bénéfices/risques par rapport au tamoxifène comme observé lors de l’analyse principale.

Comme le déclarait le Professeur L.Vakaet (RUG Gent): « Ces résultats confirment l’anastrozole comme un choix valable pour le traitement adjuvant des femmes post-ménopausées avec un cancer du sein hormono-sensible. Nous nous attendons à ce que dans un futur proche la majorité des médecins adapteront leur traitement standard des patientes postménopausées avec un cancer du sein »


Glossaire

* HR = Hazard Ratio
CI = Confidence Interval

• L'anastrozole est un inhibiteur de l’aromatase non-stéroïdien, puissant et hautement sélectif utilisé en prise orale pour le traitement hormonal (endocrinien) du cancer du sein chez les femmes post-ménopausées.

• Le tamoxifène est un anti-œstrogène qui agit principalement en bloquant la liaison des oestrogènes à leurs récepteurs sur le site de la tumeur. Le tamoxifène à une activité partiellement oestrogénique, qui peut être responsable de la différence de profil de tolérance comparé à l’anastrozole.

• L'anastrozole est un inhibiteur de l’aromatase qui agit différemment du tamoxifène en bloquant la production d’oestrogènes par l’ enzyme aromatase- source principale de production d’oestrogènes chez les femmes post-ménopausées, chez lesquelles les ovaires ne sont plus actifs. • La stratégie actuelle de traitement dans le cancer du sein à un stade précoce (cancer qui ne s’est pas encore propagé au-delà du sein) avec des récepteurs hormonaux positifs consiste généralement en une chirurgie initiale pour enlever la tumeur, celle-ci peut être suivie d’une chimiothérapie et/ou d'une radiothérapie.
Par la suite les femmes seront habituellement traitées à l’aide d’une hormonothérapie- comme le tamoxifène- durant environ 5 années de manière à diminuer le risque de récidive (ce qui est appelé « traitement adjuvant »). Les patientes de l’étude ATAC ont subi une chirurgie, avec radiothérapie et chimiothérapie (si nécessaire), et étaient candidates à un traitement hormonal adjuvant.

References
1. Presentation by Professor Michael Baum. San Antonio Breast Cancer Symposium, San Antonio. Dec 2001.

2. The ATAC Trialists Group. The ATAC (Arimidex, Tamoxifène, Alone or in Combination) adjuvant breast cancer trial in postmenopausal women with early breast cancer. Lancet 2002; 359: 2131-39

Bron: Astra Zeneca


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