La chimiothérapie
08.10.02
On appelle chimiothérapie l'usage de médicaments destinés à tuer les cellules cancéreuses.
Actuellement, la chimiothérapie est utilisée pour combattre un grand nombre de cancers différents, en association avec la chirurgie et / ou la radiothérapie.
Comment fonctionne-t-elle ?
Les médicaments anticancéreux sont capables de provoquer la mort des cellules qui se multiplient. Leur effet ne se limite malheureusement pas aux cellules malignes mais concerne toutes les cellules en prolifération active (comme par exemple celles qui tapissent le tube digestif, régénèrent le sang ou font pousser poils et cheveux).
Différents mécanismes d'action ont été élucidés en laboratoire. Ils aboutissent le plus souvent à une altération de l'ADN qui déclenche la destruction de la cellule.
Ces médicaments peuvent être extraits de plantes, d'organismes unicellulaires ou être synthétisés de toute pièce par des méthodes chimiques.
Quel traitement choisir ?
Le plus souvent, une chimiothérapie est composée d'une association de médicaments qui agissent suivant des mécanismes différents. De la sorte, les cellules cancéreuses sont attaquées simultanément sur plusieurs fronts à la fois, ce qui augmente l'efficacité du traitement.
Le type de médicaments, leur dosage et leur combinaison éventuelle à d'autres traitements (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie) sont décidés au cas par cas. Il arrive, par exemple, que la chimiothérapie précède la chirurgie pour réduire le volume d'une tumeur, ce qui permet ensuite une opération moins mutilante.
Comment se donne une chimiothérapie ?
En général, une chimiothérapie se donne par injection dans une veine. D'autres modes d'administration sont parfois utilisés : par la bouche ; par injection intramusculaire ou sous-cutanée.
La mise en place sous la peau d'une petite chambre d'injection ( Port A Cath) reliée à une grosse veine facilite les injections intraveineuses répétées de chimiothérapie. Cette chambre d'injection est placée sous anesthésie locale et enlevée de même à la fin du traitement.
Fréquence et durée du traitement dépendent du type de cancer, des médicaments utilisés et de la façon dont chaque patient supporte la chimiothérapie. D'habitude, elle est administrée selon un cycle intermittent, incluant des périodes de repos pour permettre au corps de reprendre des forces.
Quels sont les effets secondaires ?
La chimiothérapie attaque les cellules malignes, mais aussi toutes les cellules normales qui se multiplient rapidement. La moelle osseuse (qui produit les cellules sanguines), le tube digestif, le système reproducteur et les follicules pileux y sont particulièrement sensibles. C'est pourquoi fatigue, anémie, manque de globules blancs, nausées, vomissements et perte des cheveux sont autant d'effets secondaires fréquents. Toutefois, leur intensité varie fortement d'une personne à l'autre. De plus, ils sont transitoires.
Les tissus normaux ont une capacité de régénération rapide à l'arrêt du traitement, ce qui permet au corps de réparer les dégâts.
Précision importante : il n'y a pas de lien entre l'efficacité du traitement et la présence ou l'intensité de ses effets secondaires.
Buts du traitement
Le traitement vise soit à guérir définitivement la maladie, en association avec la chirurgie et / ou la radiothérapie, soit à obtenir une rémission (la maladie devient alors indétectable) de longue durée permettant une vie normale.
Conseils pratiques pour améliorer la qualité de vie pendant une chimiothérapie
Fatigue
Une fatigue intense accompagne souvent la chimiothérapie. Elle culmine d'habitude vers le 10ème jour de la cure pour s'améliorer ensuite jusqu'à la chimiothérapie suivante.
Quelques conseils pour y faire face :
Adaptez vos activités en fonction de l'énergie disponible.
Ménagez-vous plusieurs brèves périodes de repos, plutôt qu'une longue sieste.
Ne dormez pas trop souvent ou trop longtemps pendant la journée afin de conserver un bon sommeil nocturne.
Réservez votre énergie pour les tâches importantes et n'hésitez pas à vous faire aider.
Demandez une brochure plus détaillée sur ce sujet à la Fédération Belge contre le Cancer.
Nausées et vomissements
Les antiémétiques (médicaments contre les nausées et les vomissements) jouent un rôle très important dans le contrôle de ce problème. Parlez-en à votre médecin.
Essayez autant que possible de maintenir une alimentation de qualité. Votre corps en aura besoin pour résister au choc de la maladie et des traitements. Ce n'est assurément pas le moment de suivre un régime sans l'accord de votre médecin.
Quelques conseils pratiques peuvent vous aider :
Prenez plusieurs petits repas répartis tout au long de la journée.
Evitez de boire pendant les repas pour ne pas remplir votre estomac de liquide.
Buvez minimum une heure avant de passer à table ou après le repas.
Mangez vos aliments à température ambiante plutôt que très chauds ou très froids.
Evitez les sucreries, les aliments gras ou frits.
Mangez lentement et mastiquez bien vos aliments.
Evitez les odeurs qui vous dérangent (tabac, parfums, odeurs de cuisson).
Reposez-vous après les repas, de préférence en position assise.
Enlevez vos dentiers ou prothèses partielles amovibles pendant vos traitements.
Le fait d'avoir un objet dans la bouche peut provoquer des vomissements.
Si vous ressentez un haut-le-coeur, prenez de longues et profondes respirations par la bouche.
Diarrhées
Si les diarrhées persistent plus de 24 heures ou s'accompagnent de crampes ou de douleurs, parlez-en à votre médecin.
Quelques conseils pour contrôler les diarrhées :
Essayez une diète liquide pour mettre vos intestins au repos.
Buvez beaucoup (jus de pomme, eau, thé léger, eau de riz, bouillons clairs). Ces boissons seront tièdes ou à température ambiante. Laissez s'échapper le gaz des boissons gazeuses avant de les consommer.
Lorsque la situation s'améliore, mangez progressivement des aliments pauvres en fibres (riz, bananes, compote, purée, biscottes).
Mangez de petites portions, plus souvent.
Evitez les aliments qui provoquent des crampes (café, haricots, noix, choux, épices, sucreries).
Bouche et gorge sèches ou endolories
Si vous constatez des plaies dans votre bouche, parlez-en avec votre médecin.
Les conseils suivants peuvent vous aider :
Buvez fréquemment des boissons sans gaz ou alcool.
Sucez des glaçons ou des bonbons sans sucre.
Mangez des aliments mous et riches en eau (compotes, potages, crème glacée).
Trempez ou mixez les aliments difficiles à avaler.
Evitez les aliments et les jus acides (tomate, orange, pamplemousse).
Evitez les aliments trop salés ou épicés.
Veillez à une bonne hygiène buccale (brossage précautionneux des dents avec une brosse à dents douce, soins du dentier).
Infections
Si vous constatez les signes d'une infection (température supérieure à 38°C, frissons et sueurs, plaques blanches dans la bouche, brûlure en urinant etc.), parlez-en à votre médecin avant de prendre quelque médicament que ce soit pour abaisser la fièvre.
Les conseils suivants peuvent être utiles pour réduire les risques d'infection :
Evitez la foule et particulièrement les personnes atteintes de maladies contagieuses.
Lavez-vous souvent les mains (surtout avant chaque repas et après chaque passage à la toilette).
Ne grattez pas vos boutons ou vos croûtes, n'arrachez pas les peaux autour des ongles.
Utilisez un rasoir électrique pour éviter les coupures.
Prenez soin de vos dents sans blesser les gencives (brosse à dents douce, pas de fil dentaire).
Désinfectez soigneusement toute blessure.
Après chaque selle, lavez doucement mais soigneusement la région anale.
Prenez une douche tous les jours et séchez votre peau avec douceur.
Chute des cheveux
Toutes les chimiothérapies ne font pas nécessairement tomber les cheveux.
Le port d'un casque réfrigérant pendant chaque chimiothérapie permet de diminuer la chute des cheveux, avec des résultats variables d'une personne à l'autre et selon le type de chimiothérapie utilisée. Si vous souhaitez y avoir recours, parlez-en avec votre médecin avant le début du traitement.
Si vous souhaitez porter une perruque, choisissez-la avant la chute des cheveux, pour un résultat aussi ressemblant que possible. Si vous avez des cheveux longs, vous pouvez également les faire couper de plus en plus court pour vous habituer progressivement à une coiffure courte.
Effets sur la sexualité et la fertilité
L'impact d'une chimiothérapie sur la sexualité est très variable d'une personne à l'autre.
Chez les femmes, on observe parfois des effets comparables à la ménopause ainsi qu'une infertilité temporaire ou permanente. Si vous êtes en âge d'avoir des enfants, demandez à votre médecin quelle contraception est la mieux adaptée à votre cas. Il n'est certainement pas conseillé de commencer une grossesse pendant une chimiothérapie, puisque certains médicaments pourraient causer des malformations congénitales.
Chez les hommes, on peut rencontrer une infertilité transitoire ou définitive. Il est possible de congeler du sperme avant le début du traitement en vue d'une future insémination.
Autres effets secondaires
Au niveau de la peau, attention à une sensibilité accrue aux ultraviolets.
Certains médicaments causent une sensation de fourmillements ou de brûlure aux mains ou aux pieds (par atteinte des nerfs périphériques).
Certains médicaments colorent l'urine ou changent son odeur. Il est recommandé de boire beaucoup afin de prévenir d'éventuels problèmes urinaires.
Parfois, on constate une rétention d'eau (gonflement du visage, des mains, des pieds ou de l'abdomen). Votre médecin vous conseillera un traitement approprié.
Quels progrès espérer ?
Des médicaments récents permettent de lutter de plus en plus efficacement contre les effets secondaires indésirables de la chimiothérapie.
Outre leurs effets bénéfiques sur la qualité de vie des patients, ces mêmes médicaments permettent l'utilisation de doses plus élevées de chimiothérapie, et donc, une efficacité accrue contre les cancers.
D'autre part, une meilleure compréhension des mécanismes d'action des différentes chimiothérapies devrait permettre de contrer les mécanismes de résistance au traitement que développent certains cancers.
Enfin, les efforts de recherche poursuivis par l'industrie pharmaceutique font espérer la découverte d'analogues plus performants ou celle de nouveaux médicaments.
L'importance d'un bon moral
Un bon moral est toujours important, même s'il ne suffit pas à vous garantir une guérison. Quoi qu'il arrive, il vous aide à traverser les moments difficiles de la maladie et des traitements.
Soyez donc très attentif à votre bien-être émotionnel
Ceci étant, il est parfaitement normal d'avoir des "hauts et des bas".
Si vous éprouvez des difficultés, ne les gardez pas pour vous. Parlez-en à un proche, un membre de l'équipe soignante ou un psychologue. Sachez également qu'il existe plusieurs associations d'aide aux malades.
La Fédération Belge contre le Cancer vous offre la permanence téléphonique CANCERPHONE. Médecins, infirmières et psychologues y sont à votre écoute, tous les jours ouvrables de 9h à 13h et le lundi jusque 19h au n° 0800/15 800. L'appel est gratuit et anonyme.
Bron:
Fédération Belge contre le Cancer
Nuttige links Conseils pour la chimiothérapie - Les conseils présentés ici figurent sur une brochure distribuée aux patients de l'Institut Jules Bordet La chimiothérapie
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