Ampoules à économie d'énergie : Des risques pour la santé ?
Face au réchauffement climatique et à l'augmentation des factures d'énergie, les consommateurs peuvent adopter des gestes d'économie pour limiter leur consommation d'électricité. Si les ampoules économiques peuvent constituer des alternatives intéressantes sont-elles toujours sans danger ?
Un choix écologique et économique avantageux. L'éclairage représente en moyenne 10 % de la consommation électrique domestique.
Remplacer les ampoules classiques à incandescence par des ampoules économiques permet de réduire la consommation par un facteur 5 tout en gardant un même éclairage. C'est pourquoi les autorités publiques ont décidé d'éliminer progressivement du marché les ampoules à incandescence et de favoriser leur remplacement par des alternatives consommant moins d'énergie.
Sur le marché, nous pouvons distinguer 4 types d'ampoules lumineuses.
1) Ampoule à incandescence : c'est la lampe classique, constituée d'un filament de tungstène qui s'échauffe lorsqu'un courant électrique le traverse, produisant ainsi de la lumière. Si le coût d'achat est faible, ce type de lampe possède de gros désavantages: un petit rendement : 90% de l'énergie consommée se dissipe en chaleur et une durée de vie réduite : sous l'effet de la chaleur, le filament s'évapore, déposant des résidus sur la paroi interne de la lampe, et se fragilise jusqu'à casser. A cause de leur caractère "énergivore", ces lampes vont petit à petit être retirées du marché (les 100W dès septembre 2009, les 75W en 2010, les 60W en 2011 et les 25 et 40W en 2012).
2) Ampoule halogène : version améliorée de la lampe à incandescence, elle contient un gaz qui empêche les vapeurs de tungstène de se déposer sur la paroi, les forçant au contraire à reconstituer le filament.
Ces lampes brillent 2 à 3 fois plus longtemps et ont un rendement lumineux supérieur (de 20 à 30%).
3) Diode électroluminescente (LED) : ce composant électronique est capable d'émettre de la lumière quand il est parcouru par un courant électrique. Le rendement lumineux est supérieur à celui des lampes à incandescence et dépend de la conception du LED.
4) Ampoule économique : version compacte du tube néon, cette ampoule est constituée d'un ou plusieurs tubes en verre contenant du mercure. Les extrémités de ces tubes sont munies d'électrodes et lorsqu'un courant électrique les traverse, une décharge de gaz est provoquée, produisant des vapeurs de mercure. Ces vapeurs émettent alors de la lumière ultraviolette qui sera transformée en lumière visible via la couche fluorescente appliquée sur les parois des tubes.
Le rendement lumineux de ces ampoules est supérieur aux autres types de lampes et leur durée de vie est nettement plus longue que celle des deux premières lampes décrites (jusqu'à 10 ans). Néanmoins leur vitesse d'allumage est plus faible (quelques minutes pour atteindre l'intensité lumineuse maximale) et la couleur de la lumière assez froide.
Avec un meilleur rendement lumineux et une durée de vie plus longue (limitant ainsi les déchets), la description ci-dessus donne un net avantage à l'utilisation des ampoules économiques ou des LED. Le rendement des ampoules économiques étant encore plus élevé que celui des LED, et l'utilisation des LEDs étant encore limitée, le choix du consommateur porte aujourd'hui préférentiellement sur les ampoules économiques.
Des risques pour la santé ?
Des études récentes ont mis en évidence que ces ampoules économiques produisent des champs électromagnétiques à basse fréquence, posant ainsi la question des effets que pourrait avoir l'utilisation de ces lampes sur la santé des individus.
Qu'en-est-il réellement?
L'étude à l'origine de cette polémique a été publiée par le CRIIREM (Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements électromagnétiques - France). D’après ce centre, les ampoules économiques génèreraient des champs électromagnétiques si puissants qu'ils seraient à même de perturber considérablement les objets et les personnes.
Afin de vérifier ces résultats, des études complémentaires ont été entreprises dans divers pays.
En Belgique, le VITO (Vlaamse instelling voor technologisch onderzoek) a effectué une recherche approfondie et il en ressort que s'il est vrai que des champs électromagnétiques à basse fréquence sont produits, ils restent en-dessous des valeurs limites permises si on préserve une distance de 5 cm par rapport à la lampe.
Les messages alarmistes de l'étude mentionnée ci-dessus seraient le résultat d'une recherche où a été prise en compte une gamme de fréquences non présente (MHz) dans le champ électromagnétique d'une ampoule économique (kHz).
Par mesure de précaution, le VITO conseille toutefois aux utilisateurs de se placer à minimum 10 cm de la lampe. Pour les personnes disposant d'un pacemaker, si aucune interférence n'a été remarquée avec les appareils fabriqués après 1996, il pourrait y avoir des interférences avec les appareils produits avant 1990...: ils conseillent donc à ces personnes de se tenir à une distance de 20 cm par rapport à la lampe.
Afin de limiter ces champs magnétiques, il est en outre conseillé de garder cette distance vis-à-vis de tous les appareils électriques et de débrancher les appareils inactifs.
Selon l'étude du VITO, il semblerait donc que les lampes économiques produiraient des champs électromagnétiques de l'ordre du champ électrique (50Hz) et des radiofréquences (27-29 kHz).
Ces fréquences sont de l'ordre de celles produites par une table à induction, par les écrans à tubes cathodiques, ...
Cela signifie que les précautions à prendre lors de l'utilisation de ces lampes ne diffèrent pas de celles à prendre lors de l'utilisation de ces autres appareils.
Cependant, les ondes électromagnétiques ne constitueraient pas le seul sujet d'inquiétude. D'autres questions se posent vis-à-vis du mode de fonctionnement même des lampes, par rapport à leur contenu en mercure et aux ultraviolets produits.
Au sujet du mercure présent dans les tubes, s'il est vrai qu'il s'agit d'un produit très toxique, les quantités présentes sont faibles et ce n'est qu'en cas de brisure de la lampe qu'il pourrait présenter des risques. Les ampoules à double enveloppe limitent ce risque. Si toutefois, l'ampoule se brise, libérant du mercure, il est conseillé d'ouvrir la fenêtre et de sortir 15 minutes de la pièce avant de ramasser les débris et de continuer à aérer la pièce ensuite pour une période plus longue.
A propos des ultra-violets produits : s'il est vrai qu'une exposition longue aux ultraviolets peut engendrer des effets néfastes pour la peau, ce risque est réduit très fortement dès que les lampes possèdent une double enveloppe puisque dans ce cas elles n'émettent pour ainsi dire pas d'ultra-violets. La plupart des lampes à économie d'énergie actuelles possèdent une double enveloppe mais il est utile de le vérifier lors de l'achat.
Conclusion
Les ampoules à économie d'énergie permettent de faire de réelles économies d'énergie, ce qui se traduit pour les ménages, par des économies financières. Face aux défis climatiques, l'ampoule à économie d'énergie constitue un progrès permettant de réduire l'impact énergétique de l'éclairage. Toutefois étant donné les questions qui se posent en matière de sécurité, Il est donc important d'acheter et d'utiliser ses lampes de manière responsable. Il faut notamment vérifier lors des achats qu'il s'agit bien d'ampoule à double enveloppe et respecter les distances de sécurité (5-10 cm) lors de leur utilisation.
En ce qui concerne le bilan écologique, ces lampes contiennent du mercure et peuvent être recyclées jusqu'à 90% de leur poids. Il est donc important de ramener les ampoules qui ne fonctionnent plus aux parcs à conteneurs et autres points de collecte.
source: www.oivo-crioc.org
climat économie CO2: www.co2logic.com